Quelles sont les limites du diagnostic plomb ?

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Un diagnostic plomb négatif permet d’éliminer le risque d’intoxication par les peintures, mais il n’est pas une garantie absolue contre l’absence de plomb dans le logement. Tout simplement parce que le Constat de risque d’exposition au plomb (Crep) obligatoire à la vente, à la location et dans les parties communes n’est pas exhaustif et que les sources de contamination sont bien plus variées qu’on ne le croit. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on demande au propriétaire d’effectuer un repérage plus poussé en cas de travaux. On vous explique. 

1949, la limite du Crep

La réglementation exige un diagnostic plomb pour tous les logements construits avant 1949. Après cette date ? Aucune obligation. Comme si à partir de la seconde moitié du XXe siècle on avait, subitement, cessé d’utiliser des peintures au plomb. On sait combien c’est faux. 

De savantes études ont montré qu’en réalité, il fallait attendre le milieu des années 1970 pour voir l’usage des peintures au plomb réellement décliner dans le logement. Et il faudra patienter jusqu’aux années 1990, même, pour que certaines peintures comme le minium soient définitivement interdites.  

Les revêtements, rien que les revêtements

Autre limite du Crep, celui-ci se borne uniquement à la recherche du plomb dans les revêtements et rien que les revêtements. Or le plomb a longtemps été employé à toutes les sauces dans la construction : dans les peintures bien sûr, mais aussi pour les toitures (le plomb laminé n’est toujours pas interdit en 2021), sur les rebords des fenêtres, pour l’étanchéité des balcons, les canalisations… Partout, on vous dit ! Et pas que dans la construction, on signale au passage. Car on trouve aussi du plomb dans la vaisselle artisanale, dans certains aliments (le chocolat, en particulier), dans des produits cosmétiques… Les sources de contamination sont multiples. 

Et aussi dans l’eau et les poussières… 

Dans les poussières, c’est logique. On l’a dit, par le passé, on a glissé beaucoup de plomb dans la construction. Résultat, l’eau qui ruisselle sur les toitures des beaux immeubles parisiens emmène souvent un peu de ce plomb toxique qu’on va retrouver sur les trottoirs, sur les balcons, etc.  

Autre source de contamination à ne pas négliger, le plomb dans l’eau. Car même s’il a cessé d’être employé dans les canalisations dès les années 1950, on en trouve encore souvent, en particulier dans les grandes villes, Paris en tête. Et forcément, comme ces canalisations vieillissent, elles ont tendance à relâcher un peu de plomb dans l’eau. La réglementation à ce sujet se révèle un peu particulière : le propriétaire est obligé de respecter un seuil maximum (pas plus de 10 microgrammes de plomb par litre), mais il n’est pas tenu à une obligation de diagnostic. 

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